Achat-revente en auto-entreprise : 12,3 % de cotisations, mais une marge à surveiller

Achat-revente en auto-entreprise : 12,3 % de cotisations, mais une marge à surveillerAchat-revente en auto-entreprise : 12,3 % de cotisations, mais une marge à surveiller

L’achat-revente en auto-entreprise permet de vendre des marchandises achetées pour être revendues en l’état : vêtements, produits high-tech, mobilier, accessoires, véhicules ou articles de décoration. Le régime est simple à lancer et ses charges sociales restent limitées, mais la rentabilité dépend surtout de la marge réelle, du suivi des seuils et d’une comptabilité rigoureuse des achats.

Vendre en l’état : le point qui fait basculer votre activité en commerce

Une activité d’achat-revente relève des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Vous achetez un produit, puis vous le revendez sans transformation substantielle. Nettoyer un objet d’occasion, le photographier, le conditionner ou l’étiqueter ne change pas sa nature commerciale. En revanche, fabriquer, réparer en profondeur, assembler ou personnaliser fortement un produit peut faire entrer tout ou partie de l’activité dans l’artisanat.

Calculez la rentabilité de votre achat-revente

Obtenez une estimation indicative du montant restant après vos achats, frais et principaux prélèvements liés à la micro-entreprise.

Vos données

Montant total effectivement encaissé sur la période.
Achats de marchandises et autres frais directement liés à l’activité.

Résultats indicatifs

Marge avant prélèvements 0,00 €
Total des prélèvements calculés 0,00 €
Résultat indicatif restant 0,00 €
Résultat avant impôt sur le revenu 0,00 €
Base imposable au barème 0,00 €
Versement libératoire calculé 0,00 €

Formules utilisées

  • Cotisations sociales = chiffre d’affaires × 12,3 %
  • Contribution à la formation professionnelle = chiffre d’affaires × 0,1 %
  • Résultat avant impôt sur le revenu = chiffre d’affaires − achats et frais − cotisations sociales − contribution à la formation professionnelle
  • Base imposable au barème = chiffre d’affaires × 29 %, correspondant à l’abattement fiscal de 71 %
  • Versement libératoire facultatif = chiffre d’affaires × 1 %

À noter : ce calcul ne prend pas en compte la CFE, les taxes consulaires, la TVA, les frais bancaires ni la situation personnelle du foyer fiscal. Il ne remplace pas une vérification auprès de l’URSSAF ou de l’administration fiscale.

Activité Nature principale Cotisations sociales en 2026 Abattement fiscal
Achat-revente Vente de marchandises, BIC 12,3 % du chiffre d’affaires 71 %
Artisanat ou service commercial Prestation de services, BIC 21,2 % du chiffre d’affaires 50 %
Prestation libérale BNC 25,6 % du chiffre d’affaires 34 %

Cette distinction a des conséquences directes sur les cotisations et la fiscalité. Un professionnel libéral relevant de la Cipav qui ajoute une activité de revente peut être soumis à un taux de 23,2 % sur cette activité, selon sa situation. L’achat-revente est donc rarement intéressant lorsqu’il est rattaché à une activité BNC réglementée. En cas d’activité mixte, séparez clairement les ventes de marchandises et les prestations sur vos factures et dans vos déclarations.

La marge compte davantage que le chiffre d’affaires

Le taux de 12,3 % s’applique au chiffre d’affaires encaissé, et non au bénéfice. Si vous achetez un produit 70 € et le revendez 100 €, les cotisations représentent 12,30 €, avant de déduire le prix d’achat, l’emballage, les commissions de marketplace, le transport, les retours et la publicité. Une forte rotation ne garantit donc pas la rentabilité. Calculez une marge nette par article avant de commander du stock.

Le stock immobilise de l’argent avant que les ventes ne le rendent disponible. Prévoyez un fonds de roulement pour les réassorts, les invendus et les retours. Vous éviterez ainsi de confondre trésorerie disponible et bénéfice. Le suivi de la vitesse d’écoulement de chaque référence est souvent plus utile qu’un simple objectif de volume de ventes.

Créer son auto-entreprise d’achat-revente sans se tromper de déclaration

La création se fait en ligne via le guichet unique de l’INPI. Vous déclarez une activité commerciale de vente de marchandises, indiquez votre adresse d’exercice et transmettez les justificatifs demandés, notamment une pièce d’identité. Le formulaire P0 CMB correspond à la déclaration de création d’une micro-entreprise commerciale ou artisanale. Après l’immatriculation, vous recevez vos numéros SIREN et SIRET.

Le code APE est attribué selon votre activité réelle

Vous ne choisissez pas librement votre code APE : il est attribué en fonction de l’activité principale déclarée. Pour l’achat-revente de voitures, le code APE usuel est 4511Z, correspondant au commerce de voitures et de véhicules automobiles légers. Il ne convient pas à la vente de vêtements, de produits électroniques ou d’objets de seconde main. Décrivez donc précisément ce que vous vendez et la façon dont vous le vendez.

Choisir son circuit de vente et ses autorisations

Vous pouvez vendre sur votre propre boutique en ligne, via des marketplaces, en dépôt-vente, sur les réseaux sociaux ou sur un marché. La vente ambulante peut nécessiter une carte de commerçant ambulant ainsi qu’une autorisation d’occupation temporaire du domaine public, délivrée par la mairie ou le gestionnaire du marché. Le dropshipping reste une activité d’achat-revente : même sans stock physique, vous devez vérifier la qualité des fournisseurs, les délais, les retours et vos obligations envers le client.

Fiscalité, cotisations et TVA : les seuils à surveiller

En micro-entreprise, l’achat-revente bénéficie du régime micro-BIC. Pour l’impôt sur le revenu au barème progressif, l’administration applique un abattement forfaitaire de 71 % sur le chiffre d’affaires brut. Vous êtes donc imposé sur 29 % du chiffre d’affaires, sans pouvoir déduire vos frais réels. Ce mécanisme est favorable si vos charges effectives restent sensiblement inférieures à cet abattement. Il l’est moins lorsque les achats et les frais logistiques absorbent une grande part de vos ventes.

Sous condition de revenu fiscal de référence, vous pouvez opter pour le versement libératoire. Pour la vente de marchandises, il représente 1 % du chiffre d’affaires. Comparez son coût avec celui du barème progressif avant de choisir. L’option peut être demandée dans les trois mois suivant le début de l’activité.

  • 12,3 % : cotisations sociales sur les recettes encaissées en achat-revente en 2026 ;
  • 0 € encaissé = 0 € de cotisations dans le régime micro-social ;
  • 203 100 € : plafond annuel de chiffre d’affaires pour rester au régime de la micro-entreprise sur la période 2026-2028 ;
  • 85 000 € : seuil de franchise en base de TVA ;
  • 93 500 € : seuil de tolérance de TVA la première année de dépassement.

Sous la franchise en base, vous ne facturez pas la TVA et vous ne la récupérez pas sur vos achats. Jusqu’au 31 août 2026, vos factures doivent comporter la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». À compter du 1er septembre 2026, elles devront faire référence à l’article L.223-3 du CIBS. Le dépassement des seuils de TVA modifie vos prix, vos factures et votre trésorerie. Anticipez ce changement avant de signer de gros contrats d’approvisionnement.

Gérer l’activité au quotidien : déclarations, preuves et charges annexes

Déclarez votre chiffre d’affaires encaissé chaque mois ou chaque trimestre auprès de l’URSSAF, selon l’option choisie lors de la création. Ne déclarez pas une vente simplement commandée ou facturée si elle n’est pas encore encaissée. Gardez une distinction entre les encaissements, les remboursements versés aux clients et les commissions prélevées par les plateformes.

Deux registres indispensables

La comptabilité est allégée, mais elle reste obligatoire. Tenez un livre des recettes chronologique avec la date, la référence de la facture, le client, le montant et le mode de règlement. Pour l’achat-revente, un registre des achats est également requis. Il retrace les fournisseurs, les dates, les montants et la nature des marchandises.

Conservez les factures d’achat, les justificatifs de livraison et les preuves de paiement. Ces documents permettent de justifier l’origine des biens vendus et de vérifier vos mouvements de stock. Classez-les au fur et à mesure plutôt que d’attendre la période de déclaration.

Ne pas oublier les autres prélèvements

En plus des cotisations sociales, la contribution à la formation professionnelle applicable aux commerçants s’élève à 0,1 % du chiffre d’affaires. La CFE, ou cotisation foncière des entreprises, peut aussi s’appliquer à partir de la deuxième année d’activité. Elle n’est pas due lorsque le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas 5 000 €. Des taxes pour frais de chambre consulaire peuvent également s’ajouter selon l’activité et la zone d’exercice.

Quand l’auto-entreprise reste le bon choix pour l’achat-revente

Le statut convient particulièrement pour tester un marché, démarrer avec un stock mesuré ou exercer une activité complémentaire. Il offre une administration lisible et des charges proportionnelles aux encaissements. Il peut devenir moins adapté si vous avez beaucoup d’achats, une TVA importante à récupérer, des salariés ou un chiffre d’affaires proche du plafond.

Avant de vous lancer, validez trois chiffres : votre prix d’achat rendu, qui inclut le produit, le transport et la douane éventuelle ; votre prix de vente réellement encaissé après les commissions ; puis l’ensemble des charges calculées sur le chiffre d’affaires. Cette méthode évite de choisir un produit séduisant, mais insuffisamment margé.

Si votre activité prend de l’ampleur, comparez le régime micro avec un régime réel ou une société. Vous pourrez ainsi changer de cadre au moment où les achats, les frais et le chiffre d’affaires rendent le régime actuel moins adapté, plutôt que de subir les seuils.